Rapport final 2006

Patrimoine, Mémoire, Population locale

« Genius loci » ou l’esprit du lieu

 

L’esprit du lieu dans un monument historique n’est pas enfermé au sein des « murs » de celui-ci, mais doit être également recherché dans les souvenirs des gens qui vivent dans les environs de ce monument. L’interaction avec la population locale (1) est la clé, pour les centres culturels installés dans des monuments historiques, grâce à laquelle ils pourront forger des liens avec le territoire et réaffirmer leur importance sociale, en particulier envers les jeunes et les populations défavorisées. Ce thème a déjà été abordé au sein du Réseau européen des Centres culturels – Monuments historiques, l’ACCR. Depuis leur installation, la plupart des membres de l’ACCR ont constamment recherché l’attention et l’implication de la population locale lors de la mise en place de leur projet culturel.

Pour ces raisons, huit membres du Réseau européen des Centres culturels – Monuments historiques ont lancé officiellement à Paris le 9 octobre 2004, le projet « Patrimoine, Mémoire, Population locale ».

Au cours de cette réunion, les co-organisateurs ont dessiné le cadre de leur coopération (calendrier des comptes-rendus, règles de communication), le planning des visites (il est prévu que chaque partenaire rende visite chaque année à un autre partenaire). Ils ont également rencontré Maurice Benayoun et Push it Up, responsables du design et de la création de la base de données Proxima.

Dans le cadre de ce projet européen, les co-organisateurs se sont engagés dans un échange d’expériences et de méthodologie. Ils ont de plus commencé à construire des ponts entre les gens vivant à proximité du monument. Ainsi, chaque partenaire informe régulièrement la population ciblée de l’évolution de l’ensemble du projet.

Les co-organisateurs :

  • Grand-Hornu Images – charbonnage du XIXème siècle – Belgique
  • Schloss Bröllin – manoir du XIIIème siècle – Allemagne
  • Fondation Santa Maria La Real – monastère du XIIème siècle – Espagne
  • Fondation Royaumont – abbaye du XIIIème siècle – France
  • Fondation Josef Karolyi – demeure du XIXème siècle – Hongrie
  • Institut culturel Malopolska, avec Nowa Huta – cite ouvrière métallurgique du XXème siècle – Pologne
  • LandKunstLeben – parc paysager du XVIIIème siècle – Allemagne
  • Association des Centres Culturels de Rencontre – tête de réseau – France

ont établi trois objectifs :

  • Contribuer à ce que les populations locales prennent conscience de leurs liens historiques, intellectuels et affectifs avec les monuments, et les diverses possibilités que ces monuments offrent aujourd’hui en terme de participation active ; Contribuer à ce que les populations locales découvrent l’importance de liens similaires sur d’autres sites historiques en Europe ;
  • Permettre à des professionnels qui travaillent sur des projets de réutilisation culturelle, artistique et de recherche dans des monuments historiques, de partager leurs pratiques et nouvelles expériences concernant les liens entre monuments, territoires et populations locales, ainsi que de définir des approches méthodologiques communes ;
  • Rendre public les résultats de ce projet (en termes de productions, réalisations, méthodologie) auprès de professionnels travaillant avec les monuments historiques et du grand public à travers une interface en ligne.
[learn_more caption= »Coordination et méthodologie »]

La coordination du projet est assurée par l’ACCR, chef de projet. Entre avril et septembre 2005, en raison du congé-maternité de Carole Rachet, la coordination (questions financières) a été en partie déléguée à l’Association Grand-Hornu Images (co-organisateur du projet et membre fondateur du Réseau européen des Centres culturels – Monuments historiques). (2)

A partir de septembre 2005, l’ACCR a repris la coordination d’ensemble du projet.

Schloss Bröllin, la Fondation Joseph Karolyi et Małoposki Instytut Kultury ont reçu de l’aide pour la coordination du projet. Peter Legemann (Schloss Bröllin), Anita Kántor (Fondation Joseph Karolyi) et Agnieszka Kulus/Monika Szmyt (MIK), ont été spécialement embauchés pour gérer les projets sur place.

Nous sommes heureux d’avoir pu ajouter aux réunions de coordination générale déjà planifiées (en octobre 2004 à Paris et en juin 2006 à Fehérvárcsurgó), une autre en novembre 2005 à Bröllin.

La première réunion de coordination (en octobre, à Paris) a abordé des questions concernant le contenu (les visites, la base de données Proxima, la communication au sein du projet et avec les populations ciblées) et les aspects financiers (TVA, consignes pour les rapports).

Les deux premiers jours ont porté sur des questions d’ordre administratif. Les participants (3) ont approuvé par vote les règles internes et ont accepté d’envoyer régulièrement des informations sur l’avancement du projet aux autres co-organisateurs et au bureau de l’ACCR à Paris. Ils ont également eu l’occasion de visiter la Fondation Royaumont et d’avoir une discussion au sujet du projet avec Célia Cukier (administratrice) et Francis Maréchal (directeur).

Le troisième jour de la réunion a été consacré aux discussions sur le projet développé par l’ACCR, la base de données Proxima. Les co-organisateurs ont pu rencontrer Maurice Benayoun et l’équipe de Push it Up, responsables de la création de la base de données Proxima.

Etant l’un des éléments clés de la coopération entre les co-organisateurs, Proxima est une fenêtre ouverte sur le projet. Conçue comme une base de données multimédia, elle a bénéficié de la coopération avec l’artiste Maurice Benayoun et offre ainsi, en plus d’une structure d’une utilisation pratique, agréable et facile, une interface artistique. Push it Up, les experts engagés pour construire la structure de la base de données, ont répondu aux questions précises des co-organisateurs et ont proposé de leur rendre visite afin de les assister et de les former à la mise en ligne d’informations. A cet effet, ils enverront à tous les co-organisateurs un kit contenant les programmes et les instructions.

Les visites que les coordinateurs généraux ont rendues aux autres Centres avaient pour objectif d’établir des liens concrets de communication, de mieux comprendre les besoins et attentes de chaque co-organisateur, de prendre connaissance sur place de la situation existante et d’explorer de plus près le projet en cours. Lors de ces visites, les partenaires sont tombés d’accord pour mettre en place des outils de coopération spécifiques (lettres d’information, procédures pour rendre compte des aspects financiers et de contenu).

Notre but principal en matière d’administration était de favoriser une communication transparente et d’encourager la coopération non seulement entre les couples hôte-visiteur établis au début du projet, mais aussi entre tous les participants.

Le projet évolue sur deux axes :

  • d’une part, la collecte de souvenirs liés à l’histoire d’un monument et l’interaction avec la population locale,
  • et d’autre part l’échange méthodologique entre les artistes, les représentants de la population locale et les administrateurs impliqués dans le projet.

Ces axes ne sont pas tant différenciés au sein même du projet, même si les visites d’échange sont considérées comme des occasions permettant surtout, mais pas exclusivement, d’échanger expériences et méthodologie. Les différences entre les centres et la diversité de leurs projets de réutilisation font la valeur ajoutée de ces échanges. Chaque visiteur/hôte a l’occasion d’observer et d’analyser les moyens, outils et principes utilisés par l’autre partie.

Traiter directement avec la population nous a amené à réagir avec souplesse et à nous adapter rapidement aux changements des attentes de nos groupes cibles.

Les projets d’origine avaient déjà trouvé certains échos auprès de la population locale. Leurs réactions nous ont permis de réajuster notre approche. Les productions réalisées par chaque centre reflètent l’évolution des projets. Et si dans certains cas l’on a pu déjà restaurer, à travers des productions artistiques, le contact avec la population locale et la « moisson de souvenirs » (MIK, LandKunstLeben, Grand-Hornu Images), le processus dans d’autres cas prend plus de temps, et l’interaction avec la population locale doit être abordée avec précaution (Fondation Royaumont, Fondation Joseph Karolyi, Santa Maria la Real).

Nous encourageons chaque partenaire à établir la fréquence des événements et le calendrier du projet de manière aussi flexible que possible. Nous avons constaté qu’ainsi, la contribution des groupes cibles devient encourageante à mesure que les projets avancent. La participation à chaque événement organisé dans le cadre de notre projet a été importante, que ce soit autour d’une tasse de café pour discuter de sujets concernant le voisinage (la couleur des immeubles ou les parcs), pour découvrir différentes manières de construire ou de concevoir un jardin (vieilles plantes, histoires, promenades, partage), pour réagir à une intrigue policière pleine de suspens se déroulant dans l’ancienne mine, pour faire des photos et dessiner un jardin à la française ou encore pour « jouer » au guide dans un monument roman auprès de touristes improvisés.

Rumeurs, écrivains, acteurs, jardiniers et élèves, artistes, photographes… Les projets initiaux définis par chaque partenaire reflètent la diversité des approches de la réutilisation des monuments, promue par les membres du Réseau européen des Centres culturels – Monuments historiques.

Ils ont défini leurs projets au regard de leurs activités actuelles en direction de la population locale, tout en cherchant à expérimenter de nouvelles manières de l’approcher et d’accélérer la consolidation des liens déjà établis.

[/learn_more] [learn_more caption= »La Fondation Joseph Karolyi, Hongrie »]

Objectifs

  •  Identification des participants au projet (un groupe de jeunes volontaires actuellement au chômage, les élèves de l’école située dans le parc).
  • – Travaux préliminaires à la création du jardin à la française dans le parc.
  • – Démarrage de la recherche conduite par les enfants de l’école locale.
  • – Choix final de 4 personnes – les futurs jardiniers.
  • Formation théorique et pratique au jardinage.
  • Travaux de préparation du sol pour le jardin à la française.
  • Les enfants prennent des photos documentaires de la restauration du jardin.
  • Les enfants poursuivent leur travail de recherche sur les « jardins à la française » en Europe centrale.
  • Exposition du travail de recherche mené par les enfants et présentation d’une partie des travaux réalisés sur le jardin à la française. Poursuite des travaux et de la formation des jardiniers.

Activités

  • La Fondation a contacté les autorités locales compétentes en matière de chômage et placé une annonce pour le recrutement des futurs jardiniers.
  • En raison du mauvais temps, les travaux préliminaires à la réalisation du jardin à la française ont dû être reportés à l’été.
  • Au printemps, les élèves de l’école située dans le parc du château ont commencé la recherche sur les jardins à la française : vieilles photos, visites d’autres châteaux disposant de jardins similaires. Vingt-cinq élèves et huit enseignants ont eu l’occasion en mai de se rendre dans les deux plus beaux châteaux de Hongrie : le château de Széchenyi à Nagycenk, avec son impressionnant jardin à la française, et le château de Festetics à Keszthely, entouré par un parc magnifique. Les enseignants avaient préparé d’intéressants questionnaires pour inciter leurs élèves à faire des petites recherches dans les parcs. Cette initiative a permis aux élèves de visiter d’autres châteaux que celui qu’ils voient chaque jour sur le chemin de l’école.
  • Les enfants ont réalisé divers dessins, collages et photos illustrant leurs propositions pour le jardin. Les meilleures réalisations ont été montrées lors d’une exposition à l’occasion des «Journées européennes des Plantes et Jardins», 3-5 juin 2005, au château de Fehérvárcsurgó.

La formation des jardiniers a commencé en juin avec la préparation de la Journée des Plantes, le premier événement de ce genre jamais organisé en Hongrie.

[/learn_more] [learn_more caption= »Grand-Hornu Images (GHI), Belgique »]

Objectifs

  • Publication d’un numéro zéro informatif du « journal de quartier », présentant au voisinage le projet et ses coordinateurs issus de GHI et du MAC’s (écrivains, photographes, intermédiaires).
  • Publication du troisième numéro du « journal de quartier », adressé principalement aux enfants.
  • Pierre Coran devrait écrire une fiction inspirée du témoignage d’une personne âgée.
  • Une classe de l’école du Grand-Hornu, accompagnée par Pierre Coran, participera à des ateliers d’écriture pendant l’exposition Corillon.
  • Publication du quatrième numéro du « journal de quartier », avec la participation de l’écrivaine Annie Préaux.

Activités

  • Le premier numéro du « journal de quartier » a annoncé le projet et introduit auprès de la population locale les personnes relais (les habitants de la cité ouvrière autour de l’ancienne mine, qui ont accepté de participer au projet afin de faciliter la communication entre l’équipe des écrivains, photographes et administrateur et leurs voisins) ;
  • Trois essais ont été publiés au cours de l’année. L’un présente le site à travers le regard de deux générations d’habitants, un autre à travers celui d’un écrivain vivant dans le quartier. Le troisième est une fiction.
  • À la fin de chaque essai, les lecteurs étaient invités à répondre et partager leurs propres histoires ou impressions au sujet de la mine.
  • Les essais ont été distribués par Laetitia Centritto (photographe) et Maryse Willems (responsable du projet) : une occasion de plus de rencontrer les habitants et de discuter avec eux de manière informelle.

En juillet, GHI a organisé des ateliers pour enfants sur l’exposition présentée au MAC’s, auxquels les enfants du quartier ont été invités. Nos collègues de la Fondation Joseph Karolyi, alors en visite au Grand-Hornu, ont également pu participer aux activités organisées : collage, dessins, jeux se déroulant sur le site, visites guidées des expositions et deux spectacles ayant pour sujet la nature et le territoire autour du Grand-Hornu.

[/learn_more] [learn_more caption= »Fondation Royaumont, France »]

Objectifs

  • Une équipe composée d’artistes et d’un scientifique rassemble les témoignages d’habitants de deux des villages des environs, portant sur les rumeurs autour de l’abbaye.
  • Début des ateliers avec deux classes des écoles primaires.
  • Analyse et sélection des éléments les plus intéressants parmi ceux produits par l’équipe des artistes et du scientifique, afin de réaliser et présenter au public des petites formes artistiques.

Activités

  • Deux réunions ont été organisées avec les artistes (en février et en juin). La première réunion a déterminé le principal axe d’action : recherche (dans la librairie de l’abbaye), interviews et photos (si au début l’idée était d’enregistrer les interviews, les organisateurs ont décidé, suite à plusieurs refus de parler devant la caméra, d’utiliser uniquement les photos dans la documentation du projet). Les organisateurs du projet ont contacté les autorités locales pour s’assurer de leur coopération et ont rédigé un questionnaire.
  • L’équipe (un historien, deux conteurs, un photographe, un artiste vidéo et un ingénieur du son) ont passé plusieurs jours dans l’abbaye à discuter et développer le projet. Leur présence sur le site leur permis d’interviewer de manière informelle les employés ou les habitants du voisinage, tout en pouvant profiter des archives et de la librairie de l’abbaye.
  • Le questionnaire a été distribué dans les écoles, les administrations locales et les magasins, puis les réponses ont été centralisées et discutées lors d’une deuxième réunion. Les résultats étaient décevants en matière d’informations sur les rumeurs. C’est pourquoi l’équipe a décidé de faire appel à un blog (un journal en ligne sur Royaumont destiné à encourager les gens à communiquer leurs histoires de manière informelle).
  • Des visites auprès de l’école sont prévues pour l’automne.

L’équipe a obtenu des anciens propriétaires de l’abbaye la permission d’utiliser les films de famille dans le projet. Les films ont été restaurés et digitalisés.

[/learn_more] [learn_more caption= »Fondation Santa Maria la Real, Espagne »]

Objectifs

  • Discussions éducatives avec la population locale au sujet de l’histoire, des valeurs artistiques, de la conservation et des modèles de développement du patrimoine, une semaine par site.
  • Préparation du travail de documentation et méthodologie.
  • Compilation d’informations sur la mémoire et les traditions associées aux monuments.
  • Création d’archives documentaires sur le patrimoine et sa mémoire, dans le but d’impliquer la population locale.

Activités

  • Les liens avec la population locale ont été plus difficiles à établir en raison du départ du directeur de la Fondation en janvier. La nouvelle personne en charge a eu besoin d’un peu de temps pour entrer en contact avec les personnes relais (les curés officiant dans les églises). Nino Morales a reçu le soutien de l’ancien directeur et la transition s’est faite en douceur.
  • Les discussions éducatives ont pu commencer, avec le soutien du photographe, de l’équipe de la Fondation Santa Maria la Real et de la stagiaire de l’ACCR, Lise Daynac.
  • On a pu voir les résultats des premières rencontres lors de la visite à Aguilar de Campoo des équipes de la Fondation Royaumont et de l’association Schloss Bröllin. Elles ont pu suivre des visites guidées proposées par les habitants des villages voisins des monuments.
  • Le photographe Miguel Martin a commencé à travailler sur le projet.

Tous les matériaux produits seront visibles sur la base de données Proxima.

[/learn_more] [learn_more caption= »Schloss Bröllin, Allemagne »]

Objectifs

  •  Rencontres avec divers groupes sociaux (jeunes, personnes âgées, artistes et chercheurs) sur le thème « monument entre mémoire populaire collective et histoire ».
  • Travaux de recherche – collecte d’histoires locales.
  • Choix d’un groupe artistique qui travaillera à Bröllin sur le thème « monument entre mémoire populaire collective et histoire ».
  • Production théâtrale in situ.
  • Symposium avec la participation des artistes et de la population locale.

Activités

  • Les interviews auprès de la population locale ont été réalisées en avril.
  • Les histoires collectées lors de ces interviews ont été traduites et postées sur Proxima.
  • L’équipe a choisi le groupe artistique invité à travailler en résidence à Bröllin. Grotest Maru travaille entre théâtre et danse et mélange théâtre physique et visuel, théâtre de rue et théâtre d’objets.
  • Au cours de sa résidence à Schloss Bröllin, Grotest Maru a travaillé autour de la configuration et de la symbolique du site. Les artistes ont eu l’occasion d’interviewer eux-mêmes la population locale.
  • Des ateliers sur le théâtre expérimental contemporain ont été proposés à des jeunes provenant du voisinage immédiat mais aussi de Pologne. Ils se sont inspirés aussi bien des histoires précédemment recueillies que des matériaux utilisés pour la construction du site (la pierre Devil).
  • Les créations de Grotest Maru ont été présentées lors du festival « Graspiloten », organisé en septembre, au moment de la visite des équipes de la Fondation Santa Maria la Real et de la Fondation Royaumont à Schloss Bröllin. Toutes les productions ont été réalisées in situ.
[/learn_more] [learn_more caption= »LandKunstLeben, Allemagne »]

Objectifs

  • Préparation d’un jardin potager régional, avec les habitants du village de Steinhöfel.
  • Collecte dans les environs de pratiques et histoires liées au jardin potager.
  • Préparation d’un jardin historique.
  • Recherche sur les pratiques botaniques du XIXème siècle.
  • Recherche sur les diversités régionales concernant les noms de plantes, leur signification et de leur utilisation dans les noms de lieux et noms de famille.
  • Recherche sur la formation du paysage dans le Brandenburg oriental selon différentes influences historiques.
  • Événements, conférences et ateliers sur les sujets mentionnés, en particulier sur le thème « Lieux et Noms ».
  • Collecte d’histoires de villageois au sujet de leurs expériences de vie et de la signification de leur environnement à proximité du lieu historique.
  • Échange sur les pratiques régionales de jardinage en Europe.
  • Travaux d’artistes internationaux dans le jardin.
  • Exposition « À l’Est de l’Eden » qui met en lumière les influences de diverses spiritualités, religions et croyances sur les pratiques du jardinage en Europe.
  • Séminaire et conférence.
  • Collaboration avec la Friedrich-Ebert-Stiftung. Recherche et exposition sur la librairie historique et sur l’histoire du jardinage dans le Steinhöfel.
  • Exposés
  • Coopération avec l’université Viadrina.

Activités

  • Ruth Kummerle et l’artiste germano-néerlandais Teunis van Panhuis ont commencé en janvier à interviewer environ 30 personnes de Steinöffel et des villages environnants. Ils ont choisi les témoignages d’une vingtaine de personnes, ce qui représente plus ou moins 240 histoires réunies dans une installation documentaire, présentée dans le cadre du projet « Les histoires font l’Histoire » (à l’automne). Cette installation comprend 5 stations audio-CD réparties en plusieurs endroits du jardin, des cartes avec de courtes biographies des personnes interrogées et la liste des histoires et des photographies.
  • Ruth Kummerle a commencé à réaliser des interviews au sein de la population locale. Avec l’artiste germano-néerlandais Teunis van Panhuis, qui a réalisé les enregistrements audio et vidéo, elle a questionné les gens sur leur vie et leurs pratiques, savoirs et mémoire concernant les lieux et villages entourant le site historique de Steinhöffel. Ce processus a donné lieu à de nombreuses discussions informelles, d’interrelations intéressantes entre les villageois et de nouvelles rencontres, et les monuments historiques s’en sont trouvés ravivés. Ce projet d’interviews a fait parler les villages !
  • Les jardins thématiques ont été présentés le 1er mai : un jardin de l’ombre, un jardin des couleurs, un jardin potager et un jardin historique. De nombreux villageois sont venus et ont apporté leurs plantes, aussi bien pour le jardin potager que pour un échange de plantes non-commercial. Robert Abts a inventé des jeux pour les petits et les grands : un jeu de questions-réponses sur les plantes locales et les faits historiques du moment a conduit des groupes de personnes autour du jardin et dans le parc et le château historiques de Steinhöffel. À la fin, les gagnants ont pu cueillir leur premier prix dans le jardin.
  • L’exposition « À l’Est de l’Eden » a présenté des travaux contextuels et interactifs réalisés par des artistes contemporains internationaux. Elle fait lien avec le parc et le jardin de Steinhöffel, questionne le rôle et la fonction d’un espace idyllique dans la société contemporaine, en particulier le jardin, la fonction de l’interaction sociale entre les gens de la région et les visiteurs, et comment on peut les amener à une communication productive sans clichés ni ressentiments.
  • Les événements et les échanges avec les gens de la région ont créé la base de plusieurs activités, comme la collecte d’histoires et de pratiques de la vie quotidienne, qui deviennent palpables dans des produits et des productions. Nous avons par exemple collecté des recettes et fabriqué des produits régionaux, ce qui a créé une nouvelle image de marque pour Steinföffel, depuis les confitures et les produits « traiteur » qui reprennent les traditions régionales, jusqu’aux vêtements de jardin d’un design nouveau. Ces derniers évoquent la robe-tablier typique que chaque villageoise porte dans sa vie quotidienne au jardin. Les tabliers seront montrés lors d’un défilé le 25 septembre.
[/learn_more] [learn_more caption= »Malopolski Instytut Kultury(MIK), Pologne »]

Objectifs

  • Un site web est dédié au projet : Nowa_huta.rtf
  • Le projet a évolué suite aux premières rencontres avec la population locale : un « Livre des textes libérés » et le projet « Bagage perdu » ont été proposés. Les projets « Affiche » et « Place du marché » ont continué.

Activités

  • Le « Livre des textes libérés »

Le processus de recrutement et de formation de l’équipe des interviewers s’est déroulé de janvier à mars. Des annonces ont été placées dans les journaux et dans les magasins locaux. Le processus de sélection a été strict et seulement neuf personnes ont suivi les deux sessions de formation. Les interviews ont été réalisées en mars et avril auprès de 17 habitants. Le livre a été rédigé entre mai et juillet. Les rédacteurs ont rencontré les interviewers en juin pour discuter du livre.

Le livre contient : les scripts des conversations organisées autour de mots clefs déterminés lors des ateliers ; des images de documents et d’objets inattendus liés aux personnes interrogées, qui complètent leurs histoires ; des extraits des cahiers de bord des interviewers, illustrant leur implication progressive dans le projet et leur connaissance grandissante de Nowa Huta ; les « projets des passions » – inscriptions de personnes à la recherche de vérités sur Nowa Huta.

  • « Place du marché »

Durant les premiers mois de l’année 2005, les rédacteurs de l’hebdomadaire « Au sujet de la place Willowe » ont été sélectionnés et formés. Chaque dimanche de mai et juin 2005, des cafés en plein air ont été organisés, portant chaque fois sur un sujet spécifique. Des experts ont été invités à participer aux discussions et un quatre-pages, « Au sujet de la place Willowe », a été publié chaque jeudi.

  • « Bagage perdu »

Afin de préparer le projet, les participants – des anciens et des pionniers de Nowa Huta – ont contribué à l’exposition en montrant leur vie privée, parties intégrantes de la petite et de la grande histoire du quartier.

En mars et en avril, nous avons réalisé un dépliant promouvant ce module et invitant les gens à y participer (population cible : les anciens du quartier Nowa Huta). Le but était de composer un groupe de huit personnes, afin de travailler avec eux sur différentes approches de leur « Bagage perdu » et, à l’automne, d’organiser des sessions avec des artistes.

  • « Affiche »

Les affiches sont des cartes de visite contemporaines de Nowa Huta, qui montrent le quartier d’une manière originale, débarrassée de toute association stéréotypée. Ces affiches sont le point de départ pour le débat sur le quartier et sur l’identité de ses habitants, et l’une des voix dans la discussion sur l’image du quartier Nowa Huta.

Tout au long d’avril et mai, nous avons sélectionné des artistes (annonces publiques et contacts avec l’Académie des Beaux-Arts). Les artistes ont participé aux visites organisées par les interviewers du premier module ainsi qu’au forum de discussion sur le « Livre des textes libérés ».

A la fin du mois de mai, nous avons organisé deux conférences et des ateliers. Début septembre, nous avons effectué une première présentation des affiches.

[/learn_more] [learn_more caption= »Proxima »]

La base de données Proxima sera le pendant en ligne du projet. Son but est de rendre le projet accessible à un public le plus large possible (les professionnels comme la population locale). Les produits, expériences et méthodologie y seront documentés. L’interface est conçue par Maurice Benayoun et le support technique est apporté par Push it Up.

Le travail a avancé plutôt conformément au calendrier adopté lors de la réunion inaugurale, qui a eu lieu en octobre à Paris. Lors de la planification de la base de données, nous avons tenu compte de tous les supports que les autres co-organisateurs utiliseront. Au cours de l’avancement du projet, les co-organisateurs ont soulevé des questions techniques (fenêtres pop up, espace sur l’écran, documents en ligne, présentation des photographies, etc.).

L’outil de gestion du contenu sera accessible à partir de novembre. Il permettra aux co-organisateurs d’intégrer toute sorte de média (photo, vidéo, texte, image…). Début novembre, tous les co-organisateurs se retrouveront à Bröllin pour discuter de la dernière tranche du projet (l’exposition multimédia). L’équipe de Push it Up sera présente, ainsi que Maurice Benayoun, et ils répondront aux questions des participants et apporteront des réponses à leurs problèmes.

L’interface graphique a été réalisée et mise en place. D’un usage agréable et souple, elle donnera une véritable identité visuelle à la base de données d’échanges Proxima. La base de données sera disponible en français et en anglais mais les mots-clé seront traduits dans toutes les langues du projet.

[/learn_more] [learn_more caption= »Conclusions »]

L’échange entre les centres n’est toutefois pas limité à la coopération sur le projet Proxima. Ces visites que chaque centre prévoyait de faire auprès de deux autres centres étaient au cœur des projets initiaux. Articulées autour d’un échange de méthodologie et d’expérience, ces visites devraient également favoriser de nouvelles collaborations ciblées sur le lien entre le monument et le territoire et la dimension/rôle social qu’on attend qu’ils jouent auprès de la population locale.

Sur base des réponses que nous avons reçues, nous sommes parvenus à deux conclusions :

  • Les différences entre les situations/statuts des partenaires du projet ont été mises en lumière et apportent une valeur ajoutée à l’échange. La plupart des visiteurs ont apprécié l’expérience (la Fondation Joseph Karolyi à Grand-Hornu Images), l’approche innovante (la Fondation Royaumont à Schloss Bröllin), la méthodologie (le MIK à LandKunstLeben), etc.
  • L’occasion de découvrir d’autres moyens et manières d’approcher le territoire et la population locale (de deux personnes dans un village en Espagne à 100 000 habitants à Nowa Huta) a été grandement appréciée, et l’importance de telles missions a été soulignée dans tous les rapports.
[/learn_more]

(1) Nous avons défini la population locale comme « les personnes vivant près des monuments et en lien avec eux de manière émotionnelle, de part la proximité physique et la mémoire ».

(2) Voir la convention entre l’ACCR et Grand-Hornu Images.

(3) Agnieszka Kulus, Peter Legemann, Magdalena Pysz, Christine Hoffmann, Ruth Kümmerle, Maryse Willems, José Manuel Rodríguez Montañés, Jaime Nuño González, Celia Cukier, Anita Kantor, Angelika et Georges Karolyi, Maurice Benayoun, Push it up, Carole Rachet, Birgit Wallborn, Florence Benayoun, Katarina Tojic.