Rapport final des résultats du projet 2003

Quelles réutilisations pour l’architecture historique aujourd’hui ?

architecture, jardin, paysage (2001-2003)

Evaluation générale du projet et des résultats par rapport aux objectifs initiaux

[learn_more caption= »Un « savoir-faire » collectif et une expertise de la réutilisation des monuments historiques renforcés »]

Ce projet a ajouté de la valeur et rendu plus cohérent le savoir-faire et le potentiel de notre réseau dans le domaine de la réutilisation culturelle et artistique de l’architecture historique en Europe.

L’ensemble des membres de notre réseau a individuellement acquis de nombreuses expériences dans le passé. De plus, un certain nombre de projets de coopération européens, auxquels notre réseau a participé, ont été financés grâce aux programmes Kaleïdoscope et Raphaël. Mais le présent projet, à savoir l’expérimentation de nouvelles voies de coopération entre les co-organisateurs et l’ouverture de nos monuments historiques à de nouveaux publics, ainsi que les actions spécifiques telles que la création d’une base de données et une publication, n’auraient pas eu une telle ampleur sans l’aide financière apportée par le programme Culture 2000.

[/learn_more] [learn_more caption= »Transmission de notre savoir-faire à un large public et construction de passerelles entre communautés »]

La publication « La Reprise des Monuments » et le développement de la base de données sur le même thème (en Français et en Anglais) permettent la transmission de bonnes pratiques à un large public. Les projets pilotes « Jardins d’insertion » et « Global village Garden » pour une meilleure intégration des architectures historiques dans leur territoire ont aidé de manière significative à ouvrir notre communauté professionnelle à de nouveaux partenaires intellectuel, artistique, social et politique. Ces projets ont ainsi démontré que nous partageons un héritage européen commun, et que chacun peut participer à sa mise en valeur. Par conséquent, ces lieux de patrimoine attirent un très large public. Et avec des objectifs communs, ils peuvent être, et sont au carrefour des évolutions actuelles.

[/learn_more] [learn_more caption= »Résultats concrets (exemples) »]

Notre groupe de travail composé de professionnels de la réutilisation des monuments historiques, d’architectes et de chercheurs, a été intellectuellement stimulé par l’approche complètement différente du sujet adoptée par le groupe de photographes du paysage associé. Cette collaboration pour une publication commune s’est finalement révélée être une fructueuse expérience pour tous les participants, aboutissant actuellement à une version italienne de l’ouvrage (à paraître aux Editions Silvana, Milan, en février 2004).

La réalisation d’un travail fondé sur le projet « Global village garden » dans plusieurs sites et l’échange d’expériences entre directeurs de structures culturelles, philosophes, jardiniers et artistes contemporains sont plus stimulants que des périodes de résidences consécutives, même si les résultats ne sont pas toujours immédiats, comme dans le cas d’une création (en 2004) par un artiste allemand pour la Fondation Borderland, située aux nouvelles frontières de l’Europe.

Les réunions et les activités communes entre individus sont tellement plus attirantes que des échanges virtuels. C’est particulièrement vrai quand les bénéficiaires sont socialement défavorisés et se familiarisent avec le jardinage : l’échange entre les jardiniers français et italiens dans le cadre de la restauration de deux jardins historiques a été un point culminant du projet, d’autant plus qu’aucun des participants n’avait jamais voyagé à l’étranger !

L’apogée des deux années de coopération fut la rencontre plénière du réseau et le lancement du livre La Reprise des monuments à la Forteresse de Suomenlinna (Helsinki) en septembre 2003, avec 130 participants européens et internationaux, qui ont voulu partager les résultats avec les partenaires du projet et développer de nouvelles idées de collaboration (voir le rapport de la rencontre, en annexe). Pour résumer, les expériences pratiques échangées entre personnes de différents milieux professionnels et culturels se complètent idéalement et favorisent un cadre de travail interculturel et interdisciplinaire pour les partenaires du projet en cours, bénéficiant également à l’ensemble du secteur.

[/learn_more] [learn_more caption= »Coordination générale »]

En tant que porteur du projet, la Direction d’Aménagement de Suomenlinna a reçu le contrat de la Commission Européenne mi-décembre 2001 et a alors décidé de coopérer avec l’Association des centres culturels de rencontre (ACCR) pour ce qui est de la coordination générale (voir en annexe l’Accord de coopération mutuelle, décembre 2001). Comme la période d’éligibilité du projet a été changée par un amendement à Convention en avril 2002, la nouvelle période d’étend de décembre 2001 à novembre 2003. Un rapport intermédiaire a été soumis à la Commission européenne le 30 novembre 2002 et a été adopté.

Depuis début 2002, Tujia Lind et Jaakko Antti-Poika à Suomenlinna ainsi que Birgit Walborn et Carole Rachet à l’ACCR, ont beaucoup travaillé sur la coordination régulière avec les nombreux contacts, sur les contenus du projet, sur les budgets ainsi que sur les comptes-rendus entre, d’un côté, les différents groupes de travail et les partenaires, et d’autre part, entre la Commission Européenne et Suomenlinna. Cette coopération a vraiment été très efficace et fascinante, et a créé des liens très forts pour l’avenir du réseau. Aux côtés de l’équipe coordinatrice, plusieurs stagiaires (Aude Clément, Eléonore Pares, Mélanie Gaudex, Sabrina Bonnaffé) ont apporté leurs compétences au projet, qui se sont révélées très utiles, surtout en ce qui concerne l’organisation du grand événement public à Helsinki.

La phase de lancement du projet et la communication avec et entre les partenaires ont nécessité davantage de travail que prévu et n’ont pas laissé beaucoup de place pour la communication externe au cours de la première année.

En 2003, la communication externe a été principalement assurée par l’envoi de communiqués de presse à des lettres d’information européennes et via le site internet bilingue consacré au projet, www.accr-europe.org, en lien avec les sites des autres partenaires. Ceci a permis de mieux faire connaître les objectifs du projet et de préparer l’événement public autour du lancement du livre La Reprise des Monuments, publié aux éditions du Moniteur (Paris).

La réunion de Suomenlinna (Finlande, septembre 2003) fut un réel succès. Elle a rassemblé sur les îles autour d’Helsinki 130 professionnels du patrimoine et du paysage, ainsi que des artistes et des architectes, des personnalités officielles et des journalistes, non seulement de 14 pays européens mais aussi du Canada et de Taïwan. Les processus et les résultats de l’ensemble du projet financés dans le cadre du programme Culture 2000 furent présentés aux participants ; des discussions constructives ont fait naître de futurs projets, renforçant le réseau tout en l’ouvrant à de nouveaux partenariats. La réunion a été très bien préparée et organisée par l’ACCR et la Direction d’Aménagement de Suomenlinna. Son succès lui a valu une forte couverture médiatique à l’échelle nationale (télévision, radio, journaux). Les présentations, discussions et interventions furent d’un haut niveau, et les participants ont été convaincus de la valeur ajoutée de projets expérimentaux tels que « les jardins d’insertion » ou le ”Global village garden », même si les difficultés rencontrées n’ont pas été dissimulées par les coordinateurs. Cela a donné de l’enthousiasme aux directeurs de centres culturels pour continuer dans cette voie, et quelques-uns sont repartis avec de nouveaux projets concrets et de potentiels partenaires de travail en tête. Last but not least Jaakko Antti-Poika, directeur de la Direction d’Aménagement de Suomenlinna, a été élu président du réseau éuropéen pour les 3 ans à venir, à l’issue de cette réunion.

[/learn_more] [learn_more caption= »Progression du travail et résultats « ]

Vous trouverez ci-dessous des éléments sur l’évolution et les résultats des trois groupes de travail.

1. La publication d’un livre sur la réutilisation des monuments historiques en Europe, aujourd’hui

Cette partie du projet qui concerne l’architecture historique et les projets contemporains a été menée par Grand-Hornu Images (Belgique), la Direction d’Aménagement de Suomenlinna (Finlande), Linea di Confine per la Fotografia Contemporanea (Italie) et l’ACCR (France) avec l’intervention de quelques collaborateurs externes, tels que Evi Baniotopoulou (un jeune chercheur en art et muséologie et en aménagement de sites, à Londres) et Catherine Seyler (directrice adjointe, Agence Philippe Prost Architectes, à Paris).

  •  Missions de recherche

Cinq missions de recherche sur les sites du Grand-Hornu, Suomenlinna, l’Ospitale, La Tourette et Royaumont ont été menées par le groupe de travail entre janvier et juin 2002. A chaque fois, deux personnes ont fait une étude approfondie des monuments, des interviews professionnelles des visiteurs et de la population de proximité et ont vécu dans ces différents lieux durant plusieurs semaines, à la fin desquelles le reste du groupe les a rejointes pour un séminaire de travail et une réunion de rédaction.

Le matériel ainsi rassemblé a été utilisé par les professionnels des sites pour des études détaillées et critiques, et a aussi apporté des contenus pour la partie théorique de la publication.

En parallèle du travail scientifique, le groupe de photographes Linea di Confine a entrepris une recherche photographique sur le sujet du point de vue artistique. Quatre photographes connus ont travaillé sur les sites, John Davis (Royaume-Uni) à Suomenlinna, Jean-Louis Schoellkopf (France) au Grand-Hornu, Holger Trülzsch (Allemagne) à Royaumont et La Tourette et Vittore Fissati (Italie) à l’Ospitale. Leurs photos sont présentées sous la forme d’un port-folio au début du livre.

  •  Rédaction, correction des épreuves et publication

Lors de la première étape, nous avons adopté une méthode d’écriture collective, où chaque participant a apporté ses connaissances. Mais nous avons dû changér de méthode afin d’être plus efficaces dans la préparation de la publication. Les textes furent alors écrits et rassemblés sous la direction de Jean-Noël Mathieu (directeur de l’ACCR) pour la version française, ensuite traduits et adaptés en Anglais par Evi Baniotopoulou. Les deux textes furent corrigés par l’ensemble des auteurs ainsi que, pour ce qui est de quelques extraits, par des experts externes. Le livre, en français et en anglais, comporte un port-folio, quatre chapitres : 1- Connaître, 2- Définir un projet, 3- Restaurer, aménager, construire et 4- Inscrire, et cinq cas d’étude de centres culturels de rencontre européens (le Grand-Hornu, Suomenlinna, l’Ospitale, La Tourette et Royaumont). Ils furent publiés en août 2003 sous le titre La Reprise des monuments : pratiques de la réutilisation sur 40 sites en Europe aujourd’hui par le groupe français Le Moniteur, spécialisé en architecture et patrimoine (voir annexe).

  •  La base de données MOREUS : la réutilisation des monuments

Le travail de recherche effectué a été reproduit sous la forme d’une base de données en Anglais et en Français sur le thème de la réutilisation du patrimoine, disponible sur le site internet de l’ACCR. Elle inclut de nombreux cas de réutilisation culturelle ou artistique de lieux de patrimoine bâti ou naturel, sans être exhaustive.

MOREUS permet un accès libre aux résultats de l’étude de 100 cas de réutilisation dans 12 pays européens menée par le réseau dans le cadre du programme Raphaël, en 1998. La base de données MOREUS complète la publication La Reprise des monuments par une information dynamique (actualisée), accessible (en ligne) et de dernière minute, et comme outil de recherche.

  •  Lancement du livre et de la base de données

Le livre La reprise des monuments et la base de données MOREUS ont été lancés en septembre 2003 : d’abord à Paris à l’Institut finlandais, avec les éditions du Moniteur, en face de 70 personnes environ, puis lors de la rencontre internationale à Suomenlinna en présence d’approximativement 130 personnes (voir page précédente).

 

 2. Formation et intégration sociale autour des monuments historiques : «les jardins d’insertion »

Après le retrait de l’Auberge de l’Europe/Château de Voltaire au printemps 2002, le Château du Grand-Jardin (Joinville, Haute-Marne), un membre du réseau ACCR, a remplacé ce partenaire et coopéré sur les échanges de jardiniers avec le groupe italien du Parc du fleuve Secchia, à l’Ospitale de Rubiera.

  • Les sessions de formation dans les monuments historiques

Les Italiens ont consacré une session de formation de trois mois (de août à octobre 2002) au jardinage et à la création de jardins itinérants à l’intérieur des cloîtres de l’Ospitale, dont un jardin de menthe et une galerie d’art topiaire. Ils ont collaboré avec la coopérative sociale « Il Soffione » de Rubiera pour la partie pratique, et avec le centre de formation professionnelle « Agriform » pour la partie théorique. Le groupe de stagiaires était composé d’environ 10 jeunes, anciens drogués, prisonniers ou personnes déséquilibrées, à qui l’on donnait une chance d’être réintégrés dans la société.

Le Château du Grand-Jardin a effectué une session de formation de novembre 2002 à avril 2003. Un groupe équivalent de chômeurs de Joinville, socialement défavorisés, a été formé à la restauration des jardins Renaissance du château (carré des simples et carré des bouquetiers) par « l’Aslo », un centre d’intégration sociale et professionnelle de l’Est de la France.

  •  L’échange de jardiniers

Ensuite, les deux groupes ont préparé les échanges qui ont eu lieu en avril et mai 2003. Les Français ont d’abord rendu visit aux Italiens pendant une semaine, ensuite ces derniers ont voyagé en France. Ceci fut, pour beaucoup d’entre eux, la première opportunité de quitter leur pays, parfois même leur région. C’est pourquoi, pour faire face à ces nouvelles expériences, ils ont été préparés bien à l’avance et accompagnés de près par l’Also, Agriform et l’ACCR.

Il s’est alors produit un incroyable et passionnant échange avec des gens n’attendant rien a priori, mais participant volontiers à tout avec beaucoup d’enthousiasme. Cette expérience a vraiment apporté une ouverture d’esprit pour ce public, leur donnant davantage de confiance en eux. Ils ont eu l’occasion de planter ensemble et d’échanger leurs manières de travailler ainsi que leurs savoir-faire, ce qui était très intéressant parce qu’ils pouvaient ainsi comprendre, par exemple, que l’intégration sociale est abordée de manière très différente en Italie et en France. L’échange a aussi créé des liens forts entre l’Also et Agriform qui peut-être poursuivront la coopération sociale et l’échange européen au sein des jardins historiques. Comme témoignage du projet, les Italiens ont publié une brochure écrite par Vitaliano Biondi (voir annexe), et les Français ont produit une vidéo par Stéphane Gatti sur l’expérience.

 

 3. Le Global Village Garden

La troisième partie du projet a été mené par le Château Ujazdowski (Pologne), la Saline Royale d’Arc-et-Senans (France), Schloss Plüschow, LandKunstLeben et Schloss Bröllin comme partenaires allemands, en coopération avec la Fondation Serralves (Portugal).

Le site web www.global-village-garden.net fut lancé en mai 2002 à la Fondation Serralves à Porto. Il traite du travail expérimental des partenaires sur l’aménagement des jardins et des paysages autour des monuments et des projets artistiques reliés.

  • Réunions de travail

Après quelques échanges philosophiques et intellectuels autour du jardin, du paysage et des interventions artistiques et architecturales observées comme processus (voir le manifeste de Claudia Tabordia, en annexe), un programme de résidences de plasticiens a été lancé début septembre 2002 à la Saline Royale. Puis en avril 2003, les protagonistes du ”Global village garden” ont organisé un séminaire de travail à Varsovie pour échanger leurs expériences, présenter les artistes et leur travail à un plus large public, réfléchir plus profondément à des interventions artistiques dans le paysage alentour et préparer le symposium final à Steinhöfel.

  • Résidences et créations artistiques

Trois artistes – Andi Luzzi de Suisse, Jörg Schlinke d’Allemagne et Krzysztof Bednarski de Pologne – ont alors travaillé dans les différents sites, afin d’explorer leur relation avec la nature alentour.

En 2003, Andi Luzzi a continué son investigation à la Saline Royale. Il a coopéré avec deux designers Français (François Azambourg et Patrick Nadeau) pour la création de jardins autour des édifices de Ledoux, réutilisant les jardins ouvriers traditionnels en collaboration avec des étudiants en horticulture et en agriculture, telle une réflexion sur l’environnement et le paysage.

Comme mentionné plus haut, Jörg Schlinke prépare une installation sur la notion du « Nous/We/My » pour la Fondation Borderland dans la ville polonaise de Sejny, aux frontières de la Lituanie et de la Biélorussie.

Comme échange, Krzystof Bednarski a travaillé en Allemagne en 2003 : dans un premier temps à Steinhöfel pour LandKunstleben où il a créé un panneau routier botaniste qui fait référence à la plante Arabidopsis (Arabette-des-Dames en Français). A Schloss Bröllin, il a créé « Help me! », une performance qui s’est passé dans le parc tôt le matin (cf. annexe).

Deux autres artistes ont travaillé sur le thème du Global Village Garden en Allemagne. Tone Avenstroup, une artiste norvégienne, a créé « Wanderwege » à Schloss Bröllin, un voyage acoustique dans un paysage sauvage accompagné de mots de philosophie et de sons. Ivan Ladislav Galeta, un artiste croate, a participé au symposium de Steinhöfel et a créé un travail artistique en relation avec le parc paysager historique.

En ce qui concerne le partenaire polonais, le Château d’Ujadowski a invité Tadashi Kawamata du Japon afin de transformer les caves du 19ème siècle qui se trouvent en face du château. La structure qui est née est devenue une installation permanente dans les alentours du château, son projet est plutôt de nature conceptuelle inspiré par la restructuration de la vision qui apparaît à l’ investigation dans la réalité, laquelle s’est évaporée (Maria Brewinska, commissaire, catalogue de l’exposition, cf. annexe)

  • Le symposium de Steinhöfel, Août 2003

Cet événement a rassemblé environ 50 artistes, managers culturels, philosophes, jardiniers d’Allemagne mais également de Croatie, Autriche, Suisse, Pologne, Etats-Unis, Portugal et France sous le titre Den Garten im Dorf lassen ? (Laisser le jardin au village ?). Le thème était, comme l’initiative permanente de l’association LandKunstLeben dans le village de Steinhöfel, de créer un jardin artistico-pédagogique comme ”Global village garden”, un jardin qui lie les éléments traditionnels d’un jardin pédagogique à des projets artistiques internationaux. Cette combinaison est exigeante, mais attire un public varié et donne la possibilité de vivre avec la nature et l’art dans un même lieu, un jardin public considéré comme un espace artistique (Dr. Johanna Wanka, ministre pour la science, la recherche et la culture du Brandebourg).

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