Présentation des projets des partenaires

PATRIMOINE, MEMOIRE, POPULATION LOCALE (2004-2006)

 

Projet avec le soutien du Programme Culture 2000 de l’Union européenne.

 

[learn_more caption= »La Fondation Joseph Károlyi à Fehérvárcsurgó, Hongrie : « village, école, chômage et jardins à la française » »]

La Fondation Joseph Károlyi, en continuité avec son projet culturel d’ouverture de la Hongrie sur l’Europe et de l’Europe sur la Hongrie, souhaite réaliser la restauration de son jardin « à la française », principal lieu de visite des promeneurs dans le parc du Château de Fehérvárcsurgó.

Ce projet sera mené avec la population locale, en particulier les habitants du village de Fehérvárcsurgó, et en l’occurrence un groupe de jeunes chômeurs volontaires, qui bénéficieront d’une formation pratique de jardinage. A l’issue du projet, les jeunes apprentis jardiniers recevront une aide à la recherche d’emploi dans des parcs historiques hongrois, où ils pourront utiliser leur nouveau savoir-faire. La reconstruction de ce jardin se fera sous l’égide d’un directeur des travaux et selon les plans existant de 1910.

Comme le site constitue le lieu de promenade familiale traditionnel, la Fondation Károlyi souhaite associer ces familles aux progrès de la restauration de cette partie du parc, et ce à travers le regard des enfants. En effet, il est prévu d’une part, de fixer les étapes successives de la restauration par des photos prises par un groupe d’enfants de l’école du village (située d’ailleurs dans le parc), et, d’autre part, de proposer un travail de recherche à un autre groupe d’élèves, sur les « jardins à la française » en Europe centrale pour faire prendre conscience de leur existence ailleurs aussi. La Fondation organisera également un circuit « parcs historiques » pour ces mêmes enfants, au cours duquel ils vont visiter plusieurs châteaux et parcs de Hongrie. En associant une partie de la population locale défavorisée à la recréation de ce jardin, ainsi que les enfants, elle espère attirer l’attention du reste des habitants à l’ensemble des efforts de restauration de ce château néoclassique du XIXe siècle et à sa valeur historique, culturelle, touristique et économique.

[/learn_more] [learn_more caption= »Grand-Hornu Images, Belgique : « écriture et cité ouvrière d’un ancien charbonnage » »]

L’association Grand-Hornu Images mène, depuis près de 20 ans, une pratique de la relation population-monument-mémoire. Elle développe, par des expositions de design et d’arts appliqués, la prise de conscience par la population locale, du lieu où elle vit et sa participation à la nouvelle vie de cet ancien site emblématique du prestigieux passé charbonnier de la région Borinage.

Pour accroître cet objectif, Grand-Hornu Images met en œuvre un nouveau projet de travail de proximité.

L’association, en partenariat avec le Musée des Arts contemporains(MAC’s) va éditer et diffuser un « courrier de quartier » issu d’ateliers d’écriture, avec les voisins du site, particulièrement les habitants de la cité ouvrière construite pour loger les familles des mineurs. Dans ce courrier, des écrivains locaux, familiers du contexte socio-économique, mais de renommée nationale et internationale, sont invités à faire paraître des nouvelles dont les solutions des énigmes seront cachées dans un détail du monument ou une œuvre au sein d’une exposition présentée, ce qui favorisera la venue des habitants du quartier qui souhaiteraient trouver dans la réalité un élément de la fiction qu’ils viendront de lire.

Ces derniers contribueront également à enrichir l’intrigue littéraire. Par exemple, l’idée d’un texte à deux voix, l’une d’une vieille dame, l’autre d’une jeune fille, donnant chacune leur « vision » du site et leurs impressions, ou encore une fiction à partir de l’enregistrement du témoignage d’une personne âgée de la cité ou de la rencontre avec cette personne. Les auteurs de ces nouvelles seront accompagnés dans leur travail par une classe des écoles des environs dont les élèves bénéficieront de trois mois d’ateliers d’écriture.

Après deux années de publications périodiques, l’association envisage l’édition d’un ouvrage.

[/learn_more] [learn_more caption= »Fondation Royaumont, France : « les rumeurs légendaires autour des monuments » »]

La Fondation Royaumont, située dans l’abbaye de Royaumont à 35 km au nord de Paris, fut fondée par Saint Louis au XIIIe siècle. Après une histoire perturbée par différents usages, Royaumont est aujourd’hui un centre de formation et de recherche dans les champs de la musique (musiques orales et improvisées, médiévales, contemporaine, classique…), de la danse et la chorégraphie, un foyer de création et de diffusion, et surtout un lieu ouvert sur son environnement et le monde entier.

Dans le cadre de nouvelles activités réunies au sein du « Grand Atelier », créé pour croiser de façon expérimentale les différentes disciplines artistiques pratiquées sur le site, Royaumont présente « Rumeurs autour de Royaumont », un projet explorant la mémoire de ce site marquant de l’histoire. En effet, la plupart des personnes qui vivent à proximité appréhendent de visiter l’abbaye, ce qui alimente en retour la production de nombreux phantasmes sur la nature des activités qui s’y déroulent.

Il s’agira, dans le cadre de ce projet, de produire un certain nombre d’événements artistiques à partir des matériaux réunis par une équipe d’artistes (deux conteurs, un vidéaste qui suivra en permanence le déroulement du projet à la manière d’un documentariste, une ingénieur du son, un photographe, un écrivain spécialiste du témoignage des populations), une bibliothécaire et un historien sociologue. Cette équipe rencontrera les habitants, les élus, les commerçants de deux villages environnants aussi bien que les professeurs et les élèves des écoles. Une collecte de témoignages susceptibles de recueillir les rumeurs sera faite et des ateliers seront organisés avec deux classes des écoles primaires. L’équipe artistico-scientifique analysera et sélectionnera les éléments les plus riches, en vue de réaliser de petites formes artistiques présentées au public : un film, des contes inventés sur cette expérience, une exposition multimédia.

[/learn_more] [learn_more caption= »Fondation Santa María la Real, Espagne : « l’adoption du patrimoine roman par la population rurale » »]

Après une longue expérience dans la relation entre le patrimoine roman et son environnement rural (cf. Enciclopedia del Románico en Castilla y León, 2002), la Fondation Santa María la Real souhaite maintenant socialiser ce patrimoine, via l’éducation de la population locale. Ce travail se fera par l’intermédiaire d’acteurs sociaux, en l’occurrence les curés des villages qui restent souvent le dernier lien social, afin de rendre aux habitants, souvent des paysans, plutôt âgés, une capacité d’action pour la protection et la promotion de leur patrimoine.

Trois villages pilotes de différentes provinces, qui disposent d’un patrimoine roman important mais qui restent difficiles d’accès et manquent de plans de développement local, sont sélectionnés pour ce projet : Rebolledo de la Torre (province de Burgos), Barrio de Santa María (province de Palencia), San Martín de Elines (province de Cantabria). Ils seront une sorte de laboratoire d’expériences pour un projet de plus grande ampleur appelé Museo del Territorio.

La Fondation travaillera avec le curé de chaque village pour établir le dialogue avec la population autour des valeurs patrimoniales. Des conversations filmées ou enregistrées et la collecte d’informations permettront de créer des archives documentaires sur la mémoire de ce patrimoine et les traditions qui lui sont associées (traditions orales, pèlerinages, musique populaire et sacrée, documents privés, photos anciennes). Ce sera également une base de travail pour le photographe espagnol de grande renommée Miguel Martín qui apportera une vision artistique contemporaine.

Le principal objectif est de rendre la population consciente de la valeur patrimoniale de son territoire, de la responsabilité qu’elle a dans sa conservation, des bénéfices qu’elle peut en tirer et l’aider à s’engager dans sa protection et sa promotion. Elle sera ainsi invitée à proposer en période estivale des visites guidées des églises romanes.

[/learn_more] [learn_more caption= »Malopolski Instytut Kultury (MIK), Pologne : « la reconquête de Nowa Huta par sa population » »]

Nowa Huta fut construite dans les années 1950-60 comme la première ville de Pologne planifiée et réalisée selon les principes du réalisme socialiste pour loger les ouvriers employés dans la plus grande aciérie polonaise. La partie la plus ancienne de la ville est en cours de classement monument historique. Aujourd’hui Nowa Huta, avec ses 200 000 habitants, souffre des derniers changements politiques et sociaux en Pologne qui ont entraîné un fort taux de chômage et un sentiment de trahison chez les personnes âgées. Il y a donc un vrai besoin de projets nouveaux pour faire prendre conscience aux habitants de Nowa Huta de la valeur historique et culturelle de leur patrimoine.

Avec l’intention de revitaliser la ville et de redonner de l’auto-estime à la population, l’Institut culturel de Malopolska met en place trois laboratoires d’expériences avec des habitants de Nowa Huta, principalement les anciens qui ont bâti la ville et leur famille, et des habitants de Cracovie, afin d’établir des liens durables entre ces deux populations et de développer un regard nouveau sur le patrimoine historique et culturel de Nowa Huta.

Le premier laboratoire, intitulé « affiche », produit avec des jeunes artistes une affiche qui prend en compte l’histoire et le présent de Nowa Huta. Elle est conçue comme une carte de visite de la ville nouvelle permettant de trouver une vision contemporaine du site. Le deuxième laboratoire, intitulé « plan », établit un nouveau plan de Nowa Huta qui prend en compte l’histoire et l’imaginaire de la ville. Les habitants sont invités à y préciser leurs endroits mythiques. Le plan sera placé dans toute la ville et vendu aux gens de l’extérieur. Un jeu de rôle sera créé dont l’action se basera sur le plan. Le troisième laboratoire, intitulé « place du marché », aménage une petite place dans le centre historique de Nowa Huta comme lieu d’observation des activités quotidiennes et de collecte d’opinions. Des appareils photos sont donnés aux habitants qui, avec l’aide de bénévoles, essaient de voir la ville d’une nouvelle manière. Ces travaux sont ensuite exposés sur la place ou bien dans d’autres lieux comme des abbayes ou des galeries voisines.

En fin de projet, on demande aux habitants du quartier jouxtant la place de montrer des objets ou des bagages jamais ouverts depuis leur arrivée dans la ville. Des portraits de ceux qui ont participé au processus sont également exposés sur la place.

[/learn_more] [learn_more caption= »Schloss Bröllin e.V., Allemagne : « théâtre expérimental et mémoire effacée » »]

Schloss Bröllin est un site international de recherche pour les arts vivants, de production artistique expérimentale, de résidences d’artistes et de médiation entre artistes, producteurs et organisateurs de spectacles. Manoir créé au XIIIe siècle, qui a connu de nombreux propriétaires au cours de son histoire jusqu’à devenir une coopérative de production agricole sous la RDA, il est situé en pleine campagne dans la région de Mecklenburg-Vorpommern, près de la frontière polonaise, dans le petit village de Bröllin d’une cinquantaine d’habitants. La réutilisation de Schloss Bröllin pour un projet culturel date de 1992, après la réunification allemande.

Pour approfondir les relations entre le site historique et la population locale, l’association met en place un projet basé sur le théâtre et les contes pour exprimer la mémoire populaire collective liée à l’histoire du monument et réaffirmer son importance comme lieu de patrimoine. Aujourd’hui ce sont les projets artistiques et les artistes invités du monde entier qui font l’histoire du monument. Il est donc intéressant d’étudier quelle influence exerce l’un sur l’autre et vice-versa. En tant que nouvel utilisateur du site, l’association souhaite créer un terrain de rencontres et d’échanges entre les artistes et les habitants.

Les acteurs locaux autour de l’ancien manoir (jeunes, personnes âgées etc.), accompagnés de chercheurs ou d’artistes, mènent une série d’enquêtes sociologiques concernant la mémoire du lieu et la mémoire des personnes. Les histoires ainsi collectées serviront de matériaux de base pour une production théâtrale in situ autour de la mémoire collective populaire face à l’histoire du monument. En parallèle, quatre ateliers de jeunes adaptent les fruits des recherches sous forme de pièces de théâtre amateurs, en utilisant les nouvelles technologies. Enfin, suite à une formation aux nouvelles technologies pour artistes professionnels du spectacle vivant, une création aura lieu sur le thème de l’utilisation des nouvelles technologies dans le théâtre.

[/learn_more] [learn_more caption= »LandKunstLeben e.V., Allemagne : « jardin, histoires et art » »]

LandKunstLeben travaille sur la mémoire immatérielle de la région du Brandebourg (entre Berlin et la frontière polonaise) et du jardin historique (250 ans) qui jouxte le parc paysager protégé et le château de Steinhöfel. Le but de l’association est de faire de ce jardin un espace public pour des projets artistiques, scientifiques et horticulturels.

L’idée du projet est de collecter auprès des habitants des villages environnants des témoignages oraux de leur histoire en lien avec la région et des informations sur les pratiques et les histoires liées au jardin, ainsi que de préparer et planter avec eux un jardin typique de la région qui ouvrira au printemps 2005 avec d’autres jardins thématiques.

En parallèle, une conférence, organisée en mai-juin 2006, s’intéressera aux changements d’identité dans l’Est, plutôt rural, de la région du Brandebourg, aux changements régionaux en matière de pratiques et de concepts existentiels. Des pratiques de jardin qui évoluent ou disparaissent sont de bons indicateurs des changements majeurs des paramètres socio-culturels. Il s’agit de sauver une connaissance en disparition et de documenter le processus de changement.

Une exposition d’été aura pour thème les interactions entre le jardin et la création artistique en tant que pratique, ainsi que les influences des différentes spiritualités, religions et croyances sur notre pratique du jardin en Europe. Une recherche sera lancée avec des ateliers organisés sur les différences régionales des noms de plantes et, par extension, des noms de lieux et de familles.

Un autre sujet sera travaillé avec la participation des habitants : la formation du paysage dans l’Est du Brandebourg au gré de la christianisation et des autres influences sociales et politiques à travers l’histoire. Il donnera lieu à des installations dans les églises des villages aux alentours.

Dans une serre au beau milieu du jardin, une installation sonore enrichie par des objets et des documents présentera la recherche sur l’histoire orale (les petites histoires qui font l’Histoire).

En fin d’été 2005, des jeunes de la région participeront à des créations artistiques dans le jardin, basées sur les résultats des recherches précédentes. Ils bénéficieront également d’échanges avec d’autres jeunes au niveau international.

[/learn_more] [learn_more caption= »ACCR, France : « Proxima : une plate-forme documentaire d’échanges en réseau » »]

Dans le but de répondre aux besoins d’échanges, de confrontation et de visibilité exprimés par les partenaires sur le thème « patrimoine, mémoire et population locale », et de révéler la dimension culturelle et sociale des différents projets, l’ACCR développe la plate-forme documentaire Proxima, dans la suite logique de ce qu’elle a fait avec la base de données Moreus pour les cas de réutilisation.

Proxima sera construite sous forme de base de données multimédia interactive accessible en ligne, dont l’objectif principal est d’assurer une large diffusion des résultats des expériences des partenaires ainsi que d’encourager à l’appropriation des monuments la population locale et surtout des catégories sociales moins favorisées. Les projets des partenaires y sont présentés et commentés, mais aussi régulièrement enrichis de témoignages et de documents qui offrent une image riche et diversifiée des pratiques locales. Les informations pourront être rentrées au fur et à mesure par chaque centre de manière autonome, ce qui permettra de montrer toutes les phases de la réalisation du projet.

Avec la volonté de créer un outil performant mais également artistique, l’ACCR engage Maurice Benayoun, artiste multimédia de réputation internationale, qui sera l’architecte du site et l’interface entre les partenaires et les techniciens de la société Push it up.

En septembre 2006, tous les partenaires organisent une exposition commune et simultanée des résultats des actions de terrain présentées dans la plate-forme Proxima, exposition dont chaque lieu est une entrée. De cette manière, les expériences pourront être partagées entre les centres partenaires, ainsi qu’avec les populations locales et le grand public pour une durée illimitée et dans le monde entier grâce à Internet. L’ensemble du projet est une étape dans la mise en place d’un outil pérenne d’échanges et de dialogue entre les membres du réseau, qui devient la base d’une mémoire collective, ouverte et dynamique, des lieux de patrimoine.

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