Rochefort

La Corderie Royale/

Centre International de la Mer

La Corderie Royale

Au cœur de l’ancien arsenal maritime de Colbert à Rochefort, la Corderie royale s’étend sur 374 mètres sur les bordures de la Charente. CCR depuis 1985, elle est également le Centre International de la Mer, avec un projet culturel autour du maritime et de la navigation.

LE SITE PATRIMONIAL

À 25 km de l’océan, en bordure de Charente, au cœur de l’ancien arsenal maritime de Colbert. Cet arsenal, gigantesque établissement industriel, fut établi par l’État dès 1666 pour construire et soutenir la flotte de guerre du ponant. Il cessa son activité en 1927.

Premier atelier construit au cœur de l’arsenal entre 1666 et 1669 par l’architecte Blondel, la Corderie a fabriqué tous les cordages nécessaires aux navires de guerre durant deux siècles. Rare exemple d’architecture préindustrielle, elle fut peu à peu déclassée par l’évolution des techniques navales. Elle cessa son activité de manufacture à la fin du second Empire, fut totalement incendiée en août 1944, rachetée par la ville et reconstruite entre 1976 et 1988 à la faveur d’un « contrat Ville moyenne ». Elle abrite aujourd’hui plusieurs administrations, la bibliothèque-médiathèque de la ville et, depuis 1985, le Centre International de la Mer, Centre culturel de rencontre.

LE PROJET CULTUREL

En étudiant les aventures humaines de la mer, la Corderie Royale s’est positionnée du côté des sciences sociales et soutient les travaux et les formes actuelles de création liées à la culture maritime. Elle a fortement développé son activité grâce au tourisme culturel et à la médiation auprès du plus grand nombre. Une forme d’autonomie économique a ainsi pu être approchée grâce aux activités marchandes (gestion d’une librairie spécialisée, d’un magasin, d’un restaurant...) et à la prestation de services.

La Corderie Royale s’est beaucoup impliquée dans la mise en œuvre d’un grand projet de création lié au thème maritime : la reconstruction à l’identique de la frégate L’Hermione, navire de La Fayette au XVIIIe siècle. Cette aventure exceptionnelle en France par la dimension du bateau engage aujourd’hui la Corderie dans l’élaboration d’un projet territorial de développement économique et culturel à l’échelle de l’arsenal tout entier.

ACTIVITÉS ET ACTIONS

Un contenu permanent : « La Corderie, une vie d’ateliers »

La visite prévoit une découverte de la Corderie dans l’histoire et dans son activité de manufacture à travers : un spectacle immersif d’une quinzaine de minutes sur les trois siècles d’histoire mouvementée du bâtiment, de l’édification du site à la renaissance pour de nouveaux usages ; puis trois ateliers sur le parcours du chanvre brut à sa transformation en fil puis en cordage. Avec théâtre optique holographique, manipulations, dispositifs numériques, sans oublier l’incontournable médiation humaine pour les démonstrations de fabrication de cordage et de nœuds marins.

Un contenu temporaire

La Corderie Royale présente des expositions sur 300 m2 renouvelées tous les ans ou 2 ans, sur les thèmes les plus variés de l’aventure humaine de la mer (biographies de navigateurs et d’écrivains, sujets d’histoire technique, hauts lieux de la mythologie marine…). Le CIM développe aussi des fronts plus artistiques avec des expositions d’art contemporain, des installations poétiques…

Un lieu ressources - Publications

Les expositions peuvent faire l’objet d’une coédition (partenariats CIM sur des projets proposés par des éditeurs) et/ou, pour les plus importantes, donner lieu à une publication Centre International de la Mer dans la collection « Les Cahiers de la Corderie ». 8 titres sont aujourd’hui disponibles sur les sujets suivants : les cartes marines, le canal de Panama, l’école des Glénans, la saga maritime du thé, Blaise Cendrars et les paquebots, le Cap Horn, la peur et la mer à la Renaissance, la navigation des premiers Polynésiens.

Événements, manifestations, conférences

Les expositions « vivent » durant l’année grâce à des rencontres, dédicaces, concerts, ateliers, projections (parfois en plein air), interventions d’artistes, colloques, journées d’étude, fêtes, etc. Une à deux sessions de 3 conférences de spécialistes par an accompagnent chaque sujet.

Location d’expositions

Les expositions présentées à la Corderie Royale n’ont pas vocation à disparaître. Elles peuvent revivre et se déplacer hors les murs. Après démontage, les panneaux d’exposition, supports, maquettes, etc sont proposés à la location (médiathèques, musées, centres culturels, salons littéraires, collèges, lycées...). Un réseau national s’est ainsi constitué au fil du temps autour du Centre International de la Mer.

UN ANCRAGE TERRITORIAL

Le Centre International de la Mer naît d’une certaine manière d’une « faille » identitaire quasiment inscrite dans la géographie du site : à Rochefort, ville d’estuaire située à 25 km de l’océan, créée par et pour la Marine, la mer est partout présente... mais on ne la voit jamais. Dans les années 1980, la municipalité́ a formulé une idéologie de reconquête d’une friche militaire qui portait en germes l’ADN du futur Centre. Celui-ci voit donc le jour en 1985. Son rôle consiste à convoquer, invoquer, imaginer, « rêver » la mer... Sa mission est de multiplier, dans l’espace et dans le temps, des signes incontestables de l’identité́ maritime de Rochefort.

Au plan régional, le Centre International de la Mer travaille avec tous les acteurs culturels : musées publics ou privés, théâtres, centres artistiques, médiathèques, centres d’archives, associations de navigants, etc. Sa spécialité́ l’oriente plus directement vers de nombreux acteurs de la vie maritime littorale (musées, centre patrimoniaux, aquariums, etc.), notamment à Dunkerque, Boulogne, Le Havre, Dieppe, Cherbourg, Saint Malo, Paimpol, Brest, Douarnenez, Lorient, Port-Louis, Saint-Nazaire, Nantes, La Rochelle, Bordeaux, Biarritz… Au plan national, le CIM est proche des centres de culture scientifique et technique (AMCSTI), membre du Cluster maritime Français (CMF), héberge la section France de l’International Guild of Knot Tyers (IGKT).