Yves Dauge, défenseur de la culture en milieu rural

Article paru dans La Croix, le 9 Août 2016

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L’ancien sénateur s’est donné pour mission de soutenir la culture et le patrimoine de la France rurale.

Il préside notamment l’abbaye de Noirlac, centre culturel à la programmation synamique et ouverte à tous les publics.

À 81 ans, Yves Dauge, ancien sénateur et maire socialiste de Chinon (Indre-et-Loire), ne pense pas à la retraite. Né dans une famille d’agriculteurs de Saint-Germain-sur-Vienne, cet homme de l’ombre, infatigable défenseur de la ruralité, a apporté sa pierre au projet de loi « liberté de création, architecture et patrimoine », qui doit revitaliser des quartiers historiques de petites et moyennes villes à la population vieillissante.

Au printemps, en effet, Manuel Valls lui a confié une mission destinée à « définir les contours d’un plan national d’accompagnement de la mise en œuvre de ces nouveaux espaces protégés ». Cette marque de confiance n’est pas fortuite. Personnalité singulière, aux convictions et au sens de l’intérêt général affirmés, Yves Dauge peut se flatter de quelques coups d’éclat comme le classement de la Loire au patrimoine mondial de l’Unesco – où il tient toujours un rôle de conseiller – dont il fut l’un des grands artisans.

Attaché à la cause des territoires isolés

L’urbaniste, ex-collaborateur d’Edgard Pisani, ministre de l’agriculture sous de Gaulle, qui travailla plus tard aux côtés de Pierre Mauroy puis de François Mitterrand, semble se délecter à l’idée d’accomplir sa nouvelle tâche, regrettant toutefois que le projet intervienne tardivement dans le quinquennat de François Hollande : « Autant la loi Malraux a bien marché pour sauvegarder les centres anciens des grandes villes, autant il ya un enjeu transpolitique pour les territoires isolés. Nous allons créer un nouveau label visant à protéger ce patrimoine urbain et paysager. » Yves Dauge compte s’entourer de chercheurs et s’appuyer sur les nouvelles grandes régions pour faire l’inventaire des communes concernées et présentant des projets architecturaux et paysagers dignes d’intérêt.

Cette géographie des petites villes, caractéristique de l’histoire de France, l’émeut autant que le décrochage des territoires isolés l’attriste. « J’alerte sur ce fléau depuis très longtemps. La fermeture de 150 tribunaux dans les petites villes a été catastrophique pour un gain financier minime. » Il continuera, en parallèle, à défendre avec ardeur la diffusion de la culture dans les campagnes françaises, au travers de l’Association des centres culturels et de rencontre (ACCR) et de l’abbaye de Noirlac (1), dans le Cher qu’il préside. « Ce sont de beaux exemples de la renaissance d’une politique culturelle forte dans les territoires isolés pour redonner de l’ambition, du goût de vivre et participer à l’activité économique de ces petits pays oubliés. »

Xavier Renard, à Tours